synergie manifeste

Cette rencontre dans la création relève d’une utopie libertaire grâce à laquelle l’art s’affranchit des pouvoirs mercantiles.

En refusant une représentation illustrative de l’ordre de la décoration nous voulons par un travail sur la matière et la trace échapper au dictat d’une médiocrité ambiante miroir d’une société en perte du souffle de spiritualité sans lequel il n’y a pas d’inspiration.

L’exigence de rentabilité tue la recherche privilégiant un art propret et gentil qui ne dérange pas.

Or le rôle de l’artiste est d’interroger le système et non de s’y soumettre

Monique Guetta

Elan d’un univers qui n’en finit pas de gémir

Et de fleurir de joie

Terre battue éventrée érodée

Terre incendiée labourée aimée

Terre pleine d’ossements de trésors oubliés

Notre nourrice notre linceul

Surgi de nulle part

Bâti de boue et d’étoiles

Le poème touche le ciel

La mer devient montagne

La montagne se fait mer

Creux sommets vagues et vallées se confondent

Correspondance des forces telluriques

Traces du chaos créateur

poemes

Terre animée d’eau et de rochers

Tu te creuses tu t’érodes

Tu plisses tes millénaires

En plaques successives

Tu t’offres aux étoiles

Terre animée des foudres du tonnerre

Couverte de frissons de dunes

De forêts altières

Terre de boue d’alluvions de fossiles

Terre peuplée de bêtes

Couverte de ciel de nuages et de vent

Dans le clair obscur de l’univers

Synergie

Une synergie s’est créée entre Maïa, plasticienne, Jean-Claude, calligraphe, et moi, philosophe et poète. Entre les trois faiseurs que nous sommes court un fil, une trame, un silence et la parole se fait écho de la puissance de vivre.

L’écho naît entre les acteurs qui passent du papier à la toile, de la toile à la terre;le lien opere.

On passe d’une pratique individuelle à un quatre main ; deux personnes travaillent en meme temps sur le même support.

monique accompagne par le verbe.

 

 

 

Voici les premiers travaux de Maïa et Jean-Claude :emergence

la présence l’absence

l’un s’avance en rondeur

l’autre fuit éphémère

tourne roue des couleurs

faite de boue de soleil et d’étoiles

 

 

 

tout le corps participe

au geste du calligraphe

Homme dans nature nature dans homme

elevation mêlant terre et pigments langue d’origine et geste créateur

 

 

 

Les signes nourrissent les surfaces

les surfaces se parlent et tracent des parcours.

 

et voici mes dernieres pieces

dans cire et pigments

ils s’abritent

un visage en soleil

masque d’ocre et de chine

sur blancheur de farine

 

 

 

 

 

traces

les morts depuis longtemps murmurent à mes oreilles

et leurs chants rejoignent ceux des pas encore nés

leurs vagues successives laissent des traces ; dunes de sable fin écorces tailladées pierres polies par les vents

toutes ces paroles cosmiques font un tissu maillé

dont quelques signes se laissent apprivoiser

homme du tres lointain

homme de l’origine

au creux de mon être

dans le silence de l’aujourd’hui

je peux sentir ta pulsation

prends mes lèvres pour dire

mes mains pour ébaucher

l’oeuvre de l’origine qui traverse les siecles

a la rencontre de l’inconnu

dans une poussée plus forte

que bêtise et misere

 

dans le jeu sacré d’ombre et de lumière